
Le conflit s'élargit. Les Houthis yéménites ont lancé des missiles sur Israël pour la première fois, ouvrant un nouveau front en mer Rouge et menaçant le Bab al-Mandab. Le WTI a clôturé au-dessus de $100/bbl pour la première fois depuis 2022, le Brent à $112.78. Le S&P 500 recule de -0.39% à 6,344 pour sa troisième séance consécutive de baisse, désormais à -9% de son sommet. Le Nasdaq -0.73% (20,795), avec Micron en chute de -30% en 8 séances. Seul le Dow tient (+0.11%) grâce aux financières et utilities. Powell à Harvard calme les marchés : la politique est "bien positionnée", il est prématuré de monter les taux face à un choc pétrolier qui sera passager. Les yields plongent (10Y -8.4bps à 4.34%), un mouvement amplifié par le rebalancement de fin de trimestre. En coulisse, Goldman Sachs révèle que les hedge funds ont réalisé leur plus gros dégagement d'actions en un an, avec 6 semaines consécutives de ventes nettes — principalement via des shorts, pas des ventes de positions longues.
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Lundi a illustré une rotation brutale au sein des indices. Le Dow Jones a terminé marginalement dans le vert (+0.11%), porté par Salesforce (+3.2%), Travelers (+2.2%) et Disney (+1.9%). Le S&P 500 a reculé de -0.39% à 6,344, sa troisième séance de baisse d'affilée — l'indice est désormais à -9% de son record, à un cheveu du seuil de correction. Le Nasdaq a cédé -0.73% à 20,795, lesté par un effondrement des semi-conducteurs. Le Russell 2000 a sous-performé avec -1.46%, les small caps continuant de souffrir de manière disproportionnée.
Le fait saillant est la dégringolade des semi-conducteurs. Micron a plongé de -10% lundi seul, accumulant une perte de -30% en seulement 8 séances — un titre qui était en hausse de +60% sur l'année mi-mars. L'effet Google TurboQuant (modèle IA réduisant les besoins mémoire) continue de peser, amplifié par la réévaluation des dépenses en capital du secteur. Lam Research -5.4%, SanDisk et Western Digital à -9%. Nvidia a terminé en baisse de -1.4%, en territoire de bear market (-21% depuis son record intraday).
Les yields ont fortement reculé : 10Y -8.4bps à 4.344%, 2Y -8.4bps à 3.83%, 30Y -5.9bps à 4.906%. Ce mouvement s'explique par la combinaison du discours dovish de Powell, des flux de fin de trimestre, et d'un positionnement défensif généralisé. L'or s'est stabilisé dans un range de $4,420-$4,580, avec Goldman Sachs qui relève son objectif à $5,400/oz d'ici fin 2026, citant les achats de banques centrales (60 tonnes/mois) et l'attente de deux baisses de taux Fed. SocGen voit le Brent à $125 en moyenne en avril, avec un potentiel de $150.
Lors d'une intervention à Harvard, Powell a livré un message calibré pour apaiser les craintes de resserrement immédiat. Il estime que les taux sont adaptés aux circonstances actuelles et qu'une hausse maintenant pour contrer la flambée des prix à la pompe produirait ses effets bien après que le choc pétrolier soit passé — "causant des dégâts économiques ultérieurs". La Fed tend à "regarder au-delà des chocs d'offre" tant que les anticipations d'inflation restent ancrées. Williams (NY Fed) a renchéri : l'incertitude est "élevée" mais l'économie reste "plus résiliente qu'attendu", avec la politique "correctement calibrée". Miran (dove) ne voit pas de spirale prix-salaires et réclame 100bps de baisses en 2026.
Le CPI allemand préliminaire de mars est ressorti à +2.7% YoY (vs +1.9% précédent), un plus-haut de deux ans, avec les prix de l'énergie en hausse de 7.2% sur un an. Le HICP français a accéléré à 1.7% YoY (vs 0.9%). Mais le chiffre le plus alarmant vient des enquêtes de sentiment européennes : les anticipations d'inflation des consommateurs ont bondi à 43.4 (contre 25.8 précédemment) — quasiment un doublement en un mois. Les anticipations de prix de vente des entreprises sont passées de 11.5 à 19.7. Ces chiffres confirment que le choc énergétique commence à se diffuser dans les attentes des agents économiques — exactement le scénario de "second round effects" que la BCE redoute.
En Suisse, l'indicateur avancé KOF a plongé de 104.2 à 96.1, une chute abrupte signalant un ralentissement marqué de l'activité. Le Dallas Fed Manufacturing est resté quasi-plat (0.2), avec un emploi en contraction (-1) et des prix payés en hausse (32.7). Les ventes au détail allemandes ont reculé de -0.6% MoM (vs +0.3% attendu). Au UK, le BRC note des prix en magasin en hausse de +1.2% YoY en mars (avant la pleine transmission du choc), les exportations alimentaires UK vers les US ont chuté de -8.6% au S2 2025 sous l'effet des tarifs. Nationwide rapporte des prix immobiliers UK en rebond de +0.9% MoM, mais avertit que le choc énergétique crée une incertitude majeure sur la trajectoire. Le GDP final UK Q4 est confirmé à +1.0% YoY.
Les minutes de la RBA de mars ont livré un message remarquablement hawkish. La majorité du board estime que les conditions financières sont insuffisamment restrictives, voire accommodantes, et juge nécessaire un resserrement supplémentaire. Le point le plus frappant : la banque centrale calcule que des prix du pétrole autour de $100/bbl pousseraient l'inflation annuelle à ~5% au trimestre de juin. Avec le WTI désormais au-dessus de $100, ce scénario devient le scénario de base. Westpac relève son estimation du taux terminal RBA à 4.85% (vs 4.10% précédemment). En parallèle, la confiance des consommateurs australiens (ANZ-Roy Morgan) est tombée à des plus-bas historiques, tandis que les anticipations d'inflation des ménages atteignent des records — un cocktail identique à celui observé en Europe. La RBA annonce également la suppression des surcharges cartes dès octobre 2026, générant ~A$2.5B d'économies annuelles.
Au Japon, les données de mardi sont mitigées. Le Tokyo CPI est ressorti plus doux qu'attendu : 1.4% YoY (vs 1.7% exp.), avec le core ex-food à 1.7% (vs 1.8%). Les ventes au détail ont nettement déçu à -0.2% YoY (vs +0.8% att.) — un signal de faiblesse de la consommation. La production industrielle recule de -2.1% MoM. En revanche, le chômage s'améliore à 2.6% (vs 2.7% att.). La BoJ reste en biais hawkish malgré ces données, les opinions résumées évoquant le risque de "prendre du retard sur la courbe" et la nécessité d'envisager l'ampleur des futures hausses. La Libye a repris sa production complète sur les champs de Sharara et El Feel — un facteur marginalement positif pour l'offre mondiale.
En Chine, les PMI officiels de mars ont surpris positivement : Manufacturing 50.4 (vs 50.0 att., vs 49.0 précédent), Non-Manufacturing 50.1 (vs 49.9), Composite 50.5. Ce retour en zone d'expansion signale une stabilisation de l'activité industrielle, soutenue par les mesures de relance ciblées de Pékin. Cependant, les marchés asiatiques n'ont pas profité de ces bonnes nouvelles, le Hang Seng et le Shanghai Composite retombant dans le rouge après des gains initiaux. La Nouvelle-Zélande subit une chute brutale de la confiance des entreprises : l'indicateur ANZ recule de 59.2 à 32.5, les attentes d'activité passent de 52.6 à 39.3 — signalant une perte nette de momentum malgré des intentions de prix toujours élevées. L'Inde (RBI) a imposé de nouvelles limites sur l'exposition FX des banques pour stabiliser la roupie, une forme d'intervention indirecte face à la dépréciation liée au pétrole.
Effondrement prolongé post-earnings malgré un beat record. L'effet Google TurboQuant, le capex élevé et la rotation hors semi pèsent massivement. À peine positif sur l'année (était +60% mi-mars).
L'opération est jugée immédiatement relutive, mais le marché sanctionne le prix payé. Clôture attendue FY27 Q3.
Morgan Stanley place Meta dans sa liste de convictions malgré le verdict tribunal enfants et les layoffs récents.
Collaboration majeure pour la découverte de médicaments par IA. Signal de confiance dans le pipeline pharma.
Les frappes iraniennes sur les producteurs du Moyen-Orient propulsent l'aluminium à des sommets depuis 2022. Alcoa et Century en bénéficient.
Le board de McCormick a examiné l'offre lundi. Deal cash-and-stock créant un géant alimentaire. Unilever confirme les discussions. Annonce possible dès mardi.
Les craintes cyber liées au conflit et à l'IA soutiennent la cybersécurité malgré le contexte tech négatif.
Au plus bas depuis mi-juillet. Le SOX reste sous pression intense. Caterpillar -4% menait les baisses du Dow.
Efzimfotase alfa montre une amélioration significative de la santé osseuse chez les enfants atteints de HPP. Sanofi : Rezurock approuvé en EU (maladie du greffon).
Partenariat pour proposer le drone de combat MQ-28 à l'armée allemande d'ici 2029. Rheinmetall sera intégrateur en Allemagne.
Les parlementaires suisses signalent un assouplissement des règles strictes initialement prévues. Les dirigeants d'UBS obtiennent des garanties.
L'ex-manager Michele Faissola attaque en justice pour le scandale Monte Paschi. Total des plaintes d'anciens employés : £664M+.
La holding d'infrastructure acquiert jusqu'à 9.5% supplémentaires. Affirme ne pas viser une prise de contrôle.
Un juge a temporairement bloqué l'opération pour 14 jours.
Surcharge d'urgence sur les expéditions intérieures US à partir du 18 avril, en raison des perturbations d'approvisionnement en carburant.
Passage de Accumulate à Buy malgré la chute du secteur semi. Diageo upgradé (Deutsche Bank). BASF downgradé (Kepler).
L'entrée des Houthis dans le conflit ajoute un second goulet d'étranglement maritime à la crise. Ormuz + Bab al-Mandab = les deux artères vitales du commerce pétrolier mondial sont désormais menacées simultanément. Le déficit d'offre de 10-12M bbl/jour reconnu par le secrétaire au Trésor est un chiffre vertigineux — les réserves stratégiques n'en couvrent qu'un tiers. La divergence entre le message de Trump ("deal en cours") et la réalité (31 jours sans négociation selon l'Iran, frappes continues) entretient une volatilité structurellement élevée qui empêche tout repositionnement durable.
Le positionnement institutionnel se dégrade rapidement. Les hedge funds ont dégagé des actions au rythme le plus élevé en 12 mois (données Goldman), principalement via des shorts — ce qui signifie qu'ils ne vendent pas seulement leurs positions, ils parient activement à la baisse. Les shorts macro sur l'Europe atteignent 11% de l'exposition totale, un niveau inédit en 10 ans. ING note une backwardation profonde sur le pétrole (spread prompt >$7/bbl), signe d'une tension aiguë sur l'offre à court terme. HSBC remet en question le rôle de valeur refuge de l'or, notant qu'il se comporte davantage comme un actif risqué en 2026. Nomura décale ses attentes de baisses Fed de juin/septembre à septembre/décembre. Sur le FX, BofA, Barclays et Crédit Agricole signalent tous un flux acheteur USD important en fin de mois et de trimestre. Aujourd'hui mardi : CPI flash zone euro (att. 2.7% headline, core 2.4%), US JOLTS (att. 6.87M), CB Consumer Confidence (att. 88.0), GDP Canada. Ministres de l'Énergie de l'UE se réunissent sur la crise (stockage gaz, marchés diesel/jet fuel). Fedspeak : Bowman, Barr, Goolsbee, Schmid. Nike publie ce soir.