
Journee de haute intensite mercredi. La guerre au Moyen-Orient a pris une dimension nouvelle avec des frappes israeliennes sur South Pars et Ras Laffan, ciblant directement l'appareil energetique iranien et qatarien. Le Brent a flambe jusqu'a $111/bbl avant de revenir autour de $104 en fin de seance sur des rumeurs de canaux diplomatiques ouverts. Les indices US ont lourdement corrige : S&P 500 -1.36% a 6,625, Dow -1.63% a 46,225 β nouveau plancher annuel. Le matin, le PPI de fevrier avait deja plante le decor avec un bond de +0.7% MoM, soit le double des attentes. La Fed a confirme le statu quo (11-1, seul Miran en faveur d'une baisse), conserve 1 cut dans ses projections, mais Powell a concede que la hausse de l'energie allait peser sur les prix. Resultat : les futures ne pricent plus aucune baisse de taux sur 2026.
Avertissement : Contenu educatif et informationnel uniquement. Ne constitue pas un conseil en investissement.
Mercredi restera comme la seance ou les marches ont officiellement bascule en mode repricing stagflationniste. Le front court des Treasuries s'est violemment tendu (bear flattening classique d'un choc d'offre), les actions ont lache sur tous les secteurs (S&P 500 -1.36% a 6,624.70, pire seance post-FOMC depuis decembre 2024), et le billet vert a repris l'ascendant. Le Dow a lache 768 points (-1.63%) pour terminer a 46,225 β sous sa moyenne mobile 200 jours, un niveau technique qui n'avait pas ete casse depuis novembre. Le Nasdaq recule de -1.46% a 22,152. Sur les 500 composants du S&P, les 12 secteurs ont clot en territoire negatif, avec un ratio de 5 baisses pour 1 hausse. Plus de trois quarts des valeurs cotees aux US ont termine dans le rouge.
Des l'ouverture, le PPI de fevrier avait donne le ton : les prix a la production ont grimpe de +0.7% MoM, soit plus du double du +0.3% attendu par le consensus. Le Core PPI ressort a 3.9% en glissement annuel, un sommet de plus d'un an. Et ces chiffres ne tiennent meme pas encore compte de la totalite de la flambee petroliere liee au conflit. La conviction qui s'installe est claire : l'inflation energetique n'est pas un phenomene transitoire, elle s'inscrit dans la duree, et la Fed n'a pas les outils pour y repondre sans casser la croissance.
L'or, traditionnellement refuge en periode de crise, a cette fois-ci subi le mouvement inverse : chute de ~3% vers $4,860, ecrase par la remontee du dollar et la liquidation generalisee des positions risquees. Le VIX est repasse au-dessus de 25. Et le fait le plus marquant : les traders ont desormais retire toute baisse de taux de leurs anticipations pour 2026 via les fed funds futures β une divergence frontale avec le dot plot de la Fed qui affiche encore 1 cut.
Le FOMC a vote 11-1 pour le statu quo. Miran est le seul dissident, preferant une baisse β un de moins qu'en janvier ou Waller l'accompagnait, ce qui revele un resserrement du camp dovish. Le communique mentionne explicitement les "implications incertaines des evenements au Moyen-Orient". Les projections de croissance sont fixees a 2.4% pour 2026, tandis que l'inflation a ete revisee a la hausse. Mais au-dela des chiffres, c'est l'absence totale de direction qui frappe : aucun calendrier de prochaine action, aucun biais clairement exprime. Le comite avance dans le brouillard, incapable de s'engager dans un sens ou dans l'autre.
La mediane du dot plot maintient 1 baisse de 25bps en 2026, identique a decembre. Mais le marche n'y croit pas : les futures pricent desormais 0 cut en 2026, une divergence majeure avec la Fed. Les projections d'inflation pour 2026-2027 ont ete revisees a la hausse, la croissance legerement aussi. Certains membres ont projete des hausses cette annee. Powell a indique que "la barre est un peu plus haute pour baisser les taux" β confirmation d'un higher-for-longer prolonge.
Powell a reconnu que les prix de l'energie vont pousser l'inflation a la hausse, tout en temporisant : "il est trop tot pour connaitre l'ampleur et la duree des effets potentiels sur l'economie". Il a confirme qu'il resterait en poste au-dela de mai si son successeur Kevin Warsh n'est pas encore confirme. Les pertes se sont accelerees pendant la conference de presse alors que Powell detaillait les risques inflationnistes. Les investisseurs retiennent surtout : plus de marge pour baisser, mais pas de hausse non plus β une Fed paralysee.
Le Brent a explose au-dessus des $111 en seance avant de retracer vers ~$104 apres des signaux de desescalade US. Le WTI a touche ~$98. Les frappes sur South Pars (plus grand champ gazier mondial) et Ras Laffan (Qatar) ont provoque des evacuations dans toute la region. Morgan Stanley note que la fermeture d'Ormuz "transforme une perturbation de shipping en une veritable perte d'offre mondiale" avec 7M bbl/jour perdus.
SPX -1.36%, DJI -1.63% (nouveau plus-bas 2026, sous la MM200), NDX -1.46%. 12 secteurs sur 12 dans le rouge. Consumer staples et discretionary menent les baisses. Amazon -2.5%. Trade Desk -5.7% en poursuite de baisse. Seules les energies ont brievement tenu. Micron -5% after hours malgre un CA en forte hausse (guidance decevante). Le Dow en route pour son pire mois depuis 2022.
Le DXY remonte de +0.5% au-dessus de 100. Les taux courts ont fortement remonte (bear flattening) : le 2Y se tend alors que le marche retire les baisses anticipees. Le 10Y remonte a ~4.22% apres avoir touche 4.20% avant le FOMC. L'or chute de ~3% a $4,860 β victime du dollar fort et du risk-off agressif. L'USD/JPY reste au-dessus de 159.
La BoJ a opte pour le statu quo sur ses taux directeurs, mais la tonalite d'ensemble a vire au hawkish avec la dissidence de Takata, partisan d'une remontee des taux face aux pressions inflationnistes importees. Le Nikkei 225 a decroche de plus de 3%, penalise par la dependance quasi-totale du Japon (95%) au petrole du Golfe pour ses approvisionnements. La PM Takaichi a evoque la possibilite de mesures d'urgence pour contenir la hausse des carburants a la pompe.
Du cote de l'Australie, les chiffres de l'emploi de mars affichent un solde positif en apparence, mais la decomposition revele une fragilite sous-jacente : l'essentiel des creations vient du temps partiel, et le taux de participation stagne. Ces elements ne modifient pas substantiellement la trajectoire attendue de la RBA, qui reste en observation.
Resultats Q1 au-dessus, revenus en forte hausse. Mais la guidance a refroidi le marche. Action -5% en after hours.
Plans pour reduire la dependance a USPS pour les livraisons. Pression sur la marge logistique.
Suite de l'audit Publicis. Maintenant -55% sur un an. Le secteur adtech continue de se faire disrupter.
EPS et CA au-dessus pour Q4. Mais guidance FY26 sous consensus. Restructuration du board.
Le retailer haut de gamme a ete l'un des seuls composants du S&P a progresser.
Succession officielle de Bob Iger. D'Amaro devient CEO. Nouvelle ere pour le groupe.
Les majors energetiques continuent de marquer des plus-hauts 52 semaines. Seul secteur a avoir tenu en debut de seance.
Consumer staples sous forte pression. Conagra, Campbell Soup egalement a des plus-bas pluriannuels.
Mercredi marque une rupture nette. La destruction d'infrastructures de production (South Pars, Ras Laffan) signale que le conflit ne se cantonne plus aux routes maritimes β il vise desormais les capacites d'extraction elles-memes. Le PPI a +0.7% prouve que les pressions sur les couts etaient deja en acceleration avant que le baril a $100+ ne se repercute pleinement dans les chaines de prix. Quant a la Fed, elle a admis son impuissance a offrir une trajectoire lisible : ni baisse credible a court terme, ni volonte de resserrer. Un comite en suspens, qui a cede sa boussole au marche du brut.
Aujourd'hui jeudi : trois decisions de banques centrales europeennes concentrees sur la meme matinee. La BCE devrait rester a 2.00%, mais les anticipations de marche ont bondi vers une hausse des juin et un cumul de +50bps d'ici decembre β la question est de savoir si Lagarde validera ou tempera ce pricing. La BoE (3.75%, hold probable a 7 voix contre 2) est piΓ©gee entre un biais structurellement dovish et une inflation energetique qui rend toute baisse intenable. La SNB (0.00%) sera scrutee pour tout signal sur la force du franc (EUR/CHF a ~0.90) et un eventuel retour de l'interventionnisme. Cote US, les inscriptions au chomage (215K attendu, Continuing Claims 1850K) seront lues sous l'angle du risque de ralentissement lie au choc petrolier. En termes de catalyseurs FX, quatre forces dominent aujourd'hui : le cours du brut et du gaz, le flux de headlines geopolitiques, la posture des banques centrales face au choc, et la facon dont le marche continue de pricer le scenario stagflationniste sur le dollar, le franc suisse et le yen.
L'enjeu n'est pas la decision elle-meme mais la facon dont Francfort aborde la flambee energetique. Les anticipations de marche ont deja integre un premier tour de vis en juin et un cumul de +50bps avant fin 2026. Si Lagarde affiche une posture resolue face a l'inflation, l'euro pourrait trouver un plancher. En revanche, un discours centre sur l'incertitude et la prudence fragiliserait la monnaie unique.
La Banque d'Angleterre se trouve dans une impasse strategique. Son orientation initiale etait dovish, mais la hausse des couts energetiques rend tout assouplissement premature β le risque de reprise inflationniste est trop eleve. Un ton mesure pourrait peser sur la livre ; a l'inverse, toute reference appuyee aux tensions sur les prix limiterait la pression baissiere.
Avec l'EUR/CHF ancre autour de 0.90, la BNS fait face a un franc qui penalise ses exportateurs. Toute allusion a des operations de marche pour freiner l'appreciation du CHF pourrait provoquer un rebond de l'EUR/CHF. Sans signal en ce sens, le franc restera soutenu par les flux de valeur refuge.
Ce chiffre prend une importance accrue dans le contexte actuel : les operateurs commencent a evaluer les degats potentiels du choc petrolier sur l'activite. Des claims superieurs aux attentes alimenteraient la these du ralentissement et renforceraient le dollar comme refuge. Un chiffre conforme attenuerait le stress macro.
Le Brent revenait au-dessus de $110 dans les echanges asiatiques ce matin. Les evacuations de sites energetiques dans le Golfe se poursuivent. Chaque headline sur le conflit genere un pic de volatilite instantane. Une ouverture diplomatique credible declencherait un rally de soulagement majeur sur toutes les classes d'actifs.
C'est le facteur preponderant. Tant que le baril stationne au-dessus de $100, les anticipations inflationnistes s'ajustent a la hausse et tirent les paires liees a l'energie (NOK, CAD) tout en pesant sur les importateurs nets (EUR, JPY, INR).
Chaque communique militaire ou diplomatique provoque un reajustement instantane des primes de risque. Un titre sur une frappe = petrole en hausse, dollar et franc suisse renforces. Un titre sur un cessez-le-feu = mouvement symetrique inverse.
Avec BCE, BoE et SNB qui s'expriment le meme jour, le marche compare en temps reel la fermete affichee par chaque institution face a la poussee des prix. Celle qui parait la plus decisive sur l'inflation attirera les flux vers sa devise.
Le repricing en cours (0 cut Fed, hausse BCE anticipee) redistribue les cartes sur le dollar, le franc et le yen. Si ce mouvement se confirme dans les jours qui viennent, le greenback conserve son avantage structurel de rendement face a un euro et une livre sous pression energetique.