Synthèse macroéconomique et perspectives pour la semaine du 23 au 27 février 2026
Avertissement : Ce document a vocation strictement éducative et informationnelle. Il ne saurait être interprété comme une recommandation d'investissement ou un conseil financier personnalisé. Les marchés comportent des risques significatifs et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.
La semaine qui vient de s'achever restera marquée comme un tournant majeur de l'année 2026. La Cour Suprême des États-Unis a invalidé les tarifs douaniers imposés par le Président Trump via l'IEEPA, jugeant que cette loi ne confère pas au président le pouvoir d'imposer unilatéralement des droits de douane. Cette décision, rendue vendredi par un vote net, a immédiatement bouleversé le paysage commercial mondial. En réponse, Trump a annoncé la mise en place d'un nouveau tarif global sous une autorité légale différente (Section 122), relevé dès le lendemain. L'incertitude reste maximale : les anciens tarifs n'ont pas encore été retirés des systèmes douaniers, les entreprises font la queue pour obtenir des remboursements, et personne ne sait si les nouveaux tarifs résisteront aux contestations juridiques.
Côté données, la semaine a été dense : le PIB américain du T4 a nettement déçu, confirmant un ralentissement de l'économie en fin d'année. Les commandes de biens durables ont surpris positivement, mais les PMI flash manufacturier et services sont tous deux ressortis sous les attentes. L'inflation mesurée par le PCE et le déflateur du PIB reste persistante, et les minutes du FOMC ont délivré un message clairement restrictif — avec même une mention rare de la possibilité de nouvelles hausses de taux. Le marché de l'emploi reste résilient avec des inscriptions au chômage en baisse.
Sur le forex, l'AUD et l'USD ont partagé la première place en termes de performance, tandis que le JPY et le GBP ont sous-performé. Le sentiment de risque reste en zone de peur, et les indices actions montrent des signaux techniques préoccupants qui rappellent les configurations pré-correction observées par le passé. La géopolitique reste très tendue — les négociations US-Iran n'ont pas abouti, et les marchés de prédiction indiquent un risque élevé d'escalade militaire à court terme, ce qui soutient le pétrole et les actifs refuges.
La Cour Suprême a jugé que l'utilisation de l'IEEPA pour imposer des tarifs était inconstitutionnelle. Le Chief Justice Roberts a écrit que cette loi ne fait aucune référence aux tarifs ou droits de douane. Deux juges nommés par Trump lui-même ont voté contre lui. L'impact est colossal : les tarifs "Liberation Day" qui frappaient pratiquement tous les partenaires commerciaux sont désormais illégaux. Le gouvernement a déjà collecté des dizaines de milliards qui devront potentiellement être remboursés, ouvrant la porte à des années de contentieux.
Trump a immédiatement riposté en invoquant la Section 122 du Trade Act de 1974 pour imposer un nouveau tarif global, relevé en l'espace de quelques heures. Cette autorité est toutefois limitée dans le temps et n'a quasiment jamais été utilisée. Des contestations juridiques sont déjà en préparation. Pour les marchés, l'incertitude a changé de nature : on passe d'un risque inflationniste lié aux tarifs élevés à un risque juridique et fiscal massif. Le dollar a reculé vendredi, les obligations ont progressé, et l'or a touché de nouveaux sommets. Cette semaine sera cruciale pour jauger la réaction de l'administration et des marchés.
Les négociations avec l'Iran n'ont pas produit de résultats concrets malgré plusieurs rounds de discussions. Les tensions semblent s'intensifier plutôt que se calmer : on évoque désormais des préparatifs militaires côté américain et la possibilité d'une frappe ciblée pour forcer l'Iran à faire des concessions. Un troisième round de discussions est prévu cette semaine à Genève. Les marchés de prédiction ont fortement réévalué à la hausse la probabilité d'un conflit ouvert dans les prochaines semaines, ce qui alimente la volatilité sur le pétrole, soutient les valeurs refuges (or, CHF, JPY) et pèse sur l'appétit pour le risque.
Convergence fondamentale claire : NZD affaibli par une RBNZ dovish face à un CHF soutenu par les flux refuges. Le chaos tarifaire américain et les tensions géopolitiques renforcent l'attractivité du CHF. Configuration technique intéressante à surveiller dès l'ouverture.
Même logique que NZDCHF avec un JPY soutenu par son statut de valeur refuge. Les fondamentaux NZ se sont dégradés post-RBNZ. Le risque géopolitique (Iran) pourrait amplifier un mouvement baissier si le sentiment se détériore davantage.
Le dollar sous pression post-Cour Suprême face à un CHF soutenu par les refuges. Techniquement, la paire montre une faiblesse structurelle avec une trendline clé — un break ouvrirait la porte à des opportunités short intéressantes. Ne pas se précipiter, attendre confirmation.
Divergence de politique monétaire nette : RBA hawkish avec emploi solide vs RBNZ dovish avec économie fragile. Le CPI australien mercredi pourrait amplifier l'écart. Le NZD sous-performe clairement l'AUD cette année — la tendance devrait se poursuivre.
Les indices US montrent une configuration technique qui rappelle les configurations pré-correction des années précédentes : perte de momentum, range puis cassure de moyenne mobile clé en daily. Combiné au chaos tarifaire et aux craintes de disruption IA sur les valeurs tech/logiciel, le risque de correction substantielle est réel.
PMI européens en amélioration, dollar sous pression post-Cour Suprême, et flux potentiels sortants du billet vert dans un contexte risk-off. L'EUR pourrait capter une partie de ces flux à court terme. Scénario opportuniste, pas structurel.
Données indicatives. Sources : TradingEconomics, ForexFactory, Investing.com
Rappel réglementaire : Ce document a vocation strictement éducative. Les analyses présentées ne constituent pas des recommandations d'achat ou de vente. Toute décision d'investissement relève de la seule responsabilité de l'investisseur. Le trading sur le marché des changes comporte des risques significatifs de perte en capital.