Synthèse macroéconomique et perspectives pour la semaine du 16 au 20 mars 2026
Avertissement : Ce document a vocation strictement éducative et informationnelle. Il ne saurait être interprété comme une recommandation d'investissement ou un conseil financier personnalisé. Les marchés comportent des risques significatifs et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.
La semaine du 9 au 13 mars a été marquée par une escalade majeure du conflit entre les États-Unis et l'Iran, avec des frappes sur des infrastructures pétrolières et des tensions autour du détroit d'Ormuz. Le baril a brièvement franchi les 119 dollars avant de redescendre vers la zone des 90-100 dollars, après des discussions au G7 sur une éventuelle libération coordonnée de réserves stratégiques. Ce choc géopolitique a profondément impacté les dynamiques de marché, renforçant les valeurs refuges et pesant sur les devises à risque.
Côté données américaines, le tableau est préoccupant : le PIB du T4 a été révisé fortement à la baisse à 0,7 %, la consommation réelle stagne, le taux d'épargne touche un plus bas depuis 2022, et le sentiment des consommateurs chute. L'inflation CPI est restée conforme aux attentes, mais les pressions sous-jacentes persistent, notamment sur l'alimentation. Les marchés commencent à intégrer un scénario inconfortable de croissance molle combinée à une inflation persistante — une dynamique qui s'apparente à une stagflation légère. L'indice Fear & Greed affiche un score de 20, en zone d'extrême peur.
Sur le forex, l'AUD a signé la meilleure performance de la semaine (+1,00 %), suivi de l'USD (+0,72 %), tandis que le NZD (-0,86 %) et le CHF (-0,63 %) ont le plus reculé. Le S&P 500 poursuit sa tendance baissière sous pression géopolitique et la perspective d'une Fed qui reste fermement restrictive.
La semaine à venir sera exceptionnelle : pas moins de six réunions de banques centrales majeures sont programmées. La Federal Reserve (mercredi) sera au centre de l'attention — le marché n'anticipe aucune baisse de taux en 2026, les taux actuels étant à 3,63 % et les marchés anticipant des taux à 3,4 % en décembre contre 3,14 % la semaine précédente. L'attention se portera sur le ton du communiqué, les projections économiques et le discours de Jerome Powell, entre crédibilité anti-inflation et préservation de l'emploi.
La RBA (mardi) devrait relever ses taux avec 76 % de probabilité intégrée par le marché, ce qui ouvre la porte à un scénario classique de prise de profits. La BoJ (jeudi) est scrutée pour tout signal de normalisation face à la faiblesse du yen et aux menaces d'intervention. La SNB (jeudi) devrait maintenir le statu quo (96,5 % de probabilité). La BoE (jeudi) est attendue en pause à 91 %, dans un contexte de stagflation naissante. Enfin, la BCE (jeudi) dispose de peu de marge avec 80 % de chances de statu quo.
L'escalade entre les États-Unis et l'Iran reste le facteur dominant des marchés. Les attaques sur des infrastructures pétrolières et les tensions autour du détroit d'Ormuz ont fait bondir le brut au-dessus de 119 dollars. Le Japon, dont 92 à 95 % du pétrole brut provient du Moyen-Orient via Ormuz, est particulièrement vulnérable. Le G7 et l'AIE ont discuté d'une libération de réserves stratégiques, mais il ne s'agit que d'une solution temporaire. Ce contexte fait pression sur l'inflation mondiale, pousse les banques centrales à revoir à la hausse leurs prévisions de taux et maintient un flux risk-off persistant qui soutient l'USD et pèse sur les devises à bêta élevé comme l'AUD et le NZD.
L'USD/JPY a franchi les 159, ouvrant la porte à des interventions de la BoJ. L'EUR étant une devise relativement faible actuellement, vendre l'EUR/JPY combine un euro sans catalyseur face à un yen soutenu par les menaces d'intervention et son statut de refuge. Configuration technique intéressante en daily.
Les données canadiennes catastrophiques sur l'emploi affaiblissent le CAD, tandis que l'USD reste soutenu par le risk-off et la Fed restrictive. Le sentiment risk-off qui persiste renforce cette configuration. À surveiller après la réunion de la BoC mercredi.
Combinaison risk-off + intervention potentielle de la BoJ. L'AUD et le NZD sont des devises à bêta élevé vulnérables au sentiment négatif, face à un JPY soutenu par les menaces d'intervention. Attendre des confirmations sur le sentiment de risque avant de s'exposer.
Fondamentalement intéressante grâce aux fondamentaux solides de l'AUD, mais prudence requise : exposition déjà existante sur le S&P 500. Attendre un éventuel retracement pour envisager des positions. Surveiller le Nasdaq pour un éventuel break de son range récent.
L'analyse partagée la semaine dernière a commencé à se réaliser dans un contexte sans intensification du conflit. Ce n'est pas le setup le plus fort fondamentalement, mais si les tensions venaient à s'apaiser, la paire offre un potentiel haussier intéressant avec la BNS limitant la hausse du CHF.
Dynamique intéressante entre deux valeurs refuge : la BNS prête à intervenir si le franc est trop fort, tandis que le JPY conserve sa pertinence comme refuge. En environnement risk-off, le JPY bénéficie d'un avantage si le CHF est plafonné par la BNS. Configuration technique en zone de résistance.
Données indicatives. Sources : TradingEconomics, ForexFactory, Investing.com
Rappel réglementaire : Ce document a vocation strictement éducative. Les analyses présentées ne constituent pas des recommandations d'achat ou de vente. Toute décision d'investissement relève de la seule responsabilité de l'investisseur. Le trading sur le marché des changes comporte des risques significatifs de perte en capital.