Synthèse macroéconomique et perspectives pour la semaine du 09 au 13 mars 2026
Avertissement : Ce document a vocation strictement éducative et informationnelle. Il ne saurait être interprété comme une recommandation d'investissement ou un conseil financier personnalisé. Les marchés comportent des risques significatifs et les performances passées ne préjugent pas des résultats futurs.
La semaine écoulée a été entièrement dominée par l'escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran. Les frappes américaines sur des installations iraniennes, les déclarations de l'administration indiquant que les opérations pourraient se prolonger sur plusieurs semaines, et le refus de négociation côté iranien ont maintenu une aversion au risque très élevée sur l'ensemble des marchés. Le sentiment de peur s'est intensifié par rapport à la semaine précédente, passant en zone de crainte marquée sur les principaux indicateurs de sentiment.
Côté données, le tableau américain est contrasté. L'activité économique reste solide — les PMI manufacturier et services sont ressortis en expansion, avec une demande toujours robuste. Cependant, les composantes de prix restent très élevées, signalant que les pressions inflationnistes persistent dans l'économie réelle. En parallèle, le rapport sur l'emploi a nettement déçu, avec des créations d'emplois en forte baisse, des révisions négatives sur les mois précédents et un chômage en légère progression, bien que les salaires continuent de croître.
Sur le marché des changes, le CAD a signé la meilleure performance de la semaine, porté par la flambée du pétrole. L'USD et le GBP ont suivi, tandis que l'EUR, le NZD et le JPY ont sous-performé. Le pétrole a bondi d'environ 35 % en un mois sous l'effet des craintes d'approvisionnement autour du détroit d'Ormuz, créant un choc inflationniste potentiel qui contraint les banques centrales à maintenir des postures restrictives. Les indices actions américains poursuivent leur correction, avec des configurations techniques qui rappellent les phases de retournement observées ces dernières années.
La flambée pétrolière est devenue le fil conducteur de cette période. Historiquement, chaque pic majeur des cours de l'énergie a systématiquement précédé une accélération de l'inflation à la consommation. La situation actuelle est particulièrement préoccupante : le redressement brutal des prix du brut pourrait annoncer une nouvelle poussée inflationniste dans les mois à venir, alors même que les banques centrales espéraient un retour progressif vers leurs cibles.
Du côté de l'offre, la production mondiale reste excédentaire par rapport à la demande, mais les tensions sur les chaînes d'approvisionnement et les risques géopolitiques autour du détroit d'Ormuz faussent l'équation. Les pays de l'AIE disposent de réserves stratégiques couvrant environ trois mois d'importations, ce qui offre un coussin temporaire. La durée du conflit devient donc la variable clé : un apaisement rapide permettrait un retour vers les fondamentaux, tandis qu'un enlisement risque de relancer durablement l'inflation et de fragiliser la croissance mondiale — un scénario de stagflation que les marchés commencent à intégrer.
L'escalade militaire s'est accélérée au cours de la semaine. Les opérations américaines se poursuivent, et les canaux diplomatiques semblent bloqués pour l'instant. Les marchés de prédiction n'accordent qu'une probabilité limitée à un cessez-le-feu à court terme, les chances de résolution ne devenant majoritaires qu'à partir de la fin mai, ce qui coïncide avec l'épuisement théorique des réserves stratégiques de pétrole.
Les implications pour les marchés sont directes : soutien persistant aux valeurs refuges (CHF, or), pression sur les devises cycliques (AUD, NZD), maintien de primes de risque élevées sur les actions et les obligations, et révision à la hausse des trajectoires de taux par les banques centrales confrontées aux risques inflationnistes liés à l'énergie. Le CPI américain de mercredi sera le premier test majeur pour évaluer la transmission concrète du choc pétrolier vers les prix à la consommation.
Divergence fondamentale marquée : GBP soutenu par un budget rassurant et un potentiel de correction haussière face à un JPY structurellement affaibli par le décalage de politique monétaire de la BoJ. La paire évolue sur une zone de soutien dynamique en daily qui pourrait servir de point d'appui pour un mouvement haussier. Configuration à privilégier par rapport aux autres cross JPY.
Le GBP bénéficie d'un regain de confiance post-budget tandis que le NZD reste l'une des devises les plus faibles du marché, sans catalyseur domestique. La RBNZ prudente et l'absence de dynamique interne en Nouvelle-Zélande contrastent avec les signaux techniques constructifs sur la livre. À surveiller pour des opportunités de continuation.
Configuration technique intéressante en daily mais fondamentalement moins convaincante que GBP/JPY. L'EUR souffre de sa vulnérabilité énergétique et de la prudence de la BCE. À garder en alternative si les opportunités ne se présentent pas sur GBP/JPY. Attendre des confirmations claires avant de se positionner.
L'AUD semble surévalué au regard du contexte risk-off actuel, tandis que le GBP dispose d'un potentiel de rattrapage. La correction des indices actions pourrait peser davantage sur la devise australienne. Configuration intéressante en unité de temps longue, mais nécessite des confirmations techniques et une surveillance de l'évolution du sentiment global.
Scénario conditionnel à un apaisement des tensions géopolitiques. Si le conflit US-Iran montre des signes de désescalade, un mouvement risk-on de court terme pourrait favoriser un rebond du GBP face au CHF. Ce n'est pas le scénario préférentiel, mais il mérite d'être surveillé pour ne pas manquer une opportunité en cas de changement de dynamique.
Les indices américains poursuivent leur repli dans un contexte qui cumule les facteurs négatifs : conflit géopolitique, hausse du pétrole, risques inflationnistes, et données d'emploi décevantes. La configuration technique montre des signaux préoccupants avec une perte de momentum et des cassures de niveaux dynamiques clés. La prudence reste de mise.
Données indicatives. Sources : TradingEconomics, ForexFactory, Investing.com
Rappel réglementaire : Ce document a vocation strictement éducative. Les analyses présentées ne constituent pas des recommandations d'achat ou de vente. Toute décision d'investissement relève de la seule responsabilité de l'investisseur. Le trading sur le marché des changes comporte des risques significatifs de perte en capital.